Chambre - Hôtel de Brest - Un homme, une femme
on attend quoi ici
au fait au juste
on
oui
minois de soleil couchant,
j'écoute
ce rayon
raidillon
posé là sur tes lèvres
je t'entends
dire
pourquoi
dormir avec les
anges
ils nous réveillent
le temps
derrière le maire
qui voit briller
les yeux,
les pacotilles,
ils étaient là
les naufragés de Delacroix,
huilés, rodés en 3m sur 5
je te regarde
toi l'homme
qui n'était pas
tout à fait
l'homme
qui naissait
de l'enfance je crois,
dans tes yeux
pourtant je m'aimais
pas sérieux quand
dix-sept ans
dans les miens
ça s'emblavait
acoquinés d'Eros
les mots
n'étaient pas dans ta bouche
mais vie tienne dans la mienne
chaude
m'humidifiait
je
tu
on (a fait) vite
les mains, les moites, les reins
et banderaient nos ventricules
… ad viter eter
chut
dors-tu, cabot de nos ébats
de mon cri sortent encore tes silences
me faut les recracher
les sillages
les fêlures
les défaites
de ton âme prêtée
mon cœur d'1h46
pour jamais
tout détourné de toi
à ton vieux gilet rouge
mes yeux
bien assortis
ici
l'heure a tourné
ton sexe s'est déboutonné
notre désir
toujours
a fait des restes
et l'amour, là-haut
s'est mis à regarder
lave, râpe, ponce-moi
ce corps
jusqu'à la feinte virginité
où tu m'avais
trouvée
attache bien mon âme
l'enserre
quand tu noues mes cheveux
ta silhouette noire de corbeau
dans mon iris immense
ne veille plus
l'attentive
juste un peu
en dormant
nous mourir
tu te souviens
un jour
comme ça
de la vie,
le vieil érudit de blanc, de blouse
par sa bouche lasse
encaustiquée
comme ça
aux dents rangées,
a
le tout premier,
le champion du record de tous les mondes,
fait sonner
le glas
de ma toute frêle féminité
« Oh mademoiselle ! »
mon vœu viscéral et splanchnique
au couperet mal affûté
a gonflé, gonflé
en la place
de l'équilibre absolu,
un paquet de larmes
et
de
libellules
muettes
fallut inonder
de sucres d'orge,
d'histoires de loups,
de boîtes à musique élisoires,
ventre,
cœur
et âme absente
avec
elle,
la faute exhibée,
l'amie-fleur,
la porteuse du trophée atrophié,
suis allée
pourtant…
partager
l'impartageable,
la gestation,
l'indigestion,
les brasses du dimanche
à tortue-kilomètre-heures
et les vitrines naines
empouponnées,
pourprant d'exultation
les joues
à tout rond,
trouvé
tout soudain
là,
le goût
d'un fruit-défense
Ève
et la pomme
d'âme morte
juste bonne au chouchen
ou à tuer blanche-neige
amère vision
de l'obscène,
l'excroissance
d'un malheureux
coup
inspiré,
déformant formes
et fortune
à jamais
le con bonheur,
sans répit,
nous a laissé
oh mon amour
les entrailles en bas-côtés,
bottées en touche
en petites
miettes
miettes
miettes,
le cœur
et fermes,
et muets,
ces seins
pour toujours
éphèbes
de notre histoire,
vent de cendres
à la postérité,
désir bâillonné,
gaspillage amoureux
reste
à guetter
les sursauts
aveugles
d'un nombril creux
relié au néant
la rue t'appelle au coin
Hôtel de Brest, puis
bye bébé
là dehors,
tourne, tourne, immobile,
le vieux manège
aux marmots
muets
nos cœurs ont fané
les pétales du jour
ton dos pourtant,
tes grains de
beauté,
tous mes repères
à disparaître
l'autre,
celle de l'après,
elle est ronde des enfants,
une terre où ça pousse,
tu dois oui,
l'ouvrir de haut en bas.
un bel écrin sans fin
alors va
chez moi
non
trop petit
mercredi 15 juillet 2009
dimanche 16 mars 2008
Un Dimanche
Même sourire édenté. Même oubli de se laver.
Même petits pas dans l'allée.
On se ressemble quand on a sept ans et dix fois plus.
Aussi dignes l'un que l'autre, les yeux brillants,
les larmes coincées.
Pas besoin de regarder où l'on met les pieds.
Cette terre, elle est apprivoisée de coups de bêche
et d'engins à roulettes et truffée de bouillabaisse
et de trésors aux vers de terre.
Quand les consignes de la Mamie s'ajoutent à la peine,
faut être bien solide.
Avoir l'air de rien, naturellement calme,
paraître en promenade dominicale... muets comme des carpes,
tout bien mis mais le coeur si grave.
Un cimetière, à l'origine, c'est toujours un jardin.
La semaine d'avant, le petit avait du y enfouir
son pingouin Tamagotchi, mort pour la septième fois,
et cette fois, hélas, de façon définitive.
Une cérémonie vite avalée, qui maudissait le stupide pari
d'avoir voulu faire admettre aux jumeaux Daviet
qu'un sumo-tamagotchi était insatiable à vie.
A sept cent kilos, l'animal avait rendu quelque chose.
Mais là, c'était plus grave, à voir la tête du Papoum.
Le petit corps tout dur, l'aura encore lumineuse,
"dix-huit ans de bons et loyaux services"
entre des mains un peu moites maintenant.
Comment rendre à la terre cette part de soi.
Elle allait honorer les entrailles du jardin
de sa présence rance et perdurer en une épitaphe
presque invisible pour une chienne qui en valait bien plus.
"À Cybelle, 1979-1997".
Surtout pas un mot... et surtout... "PAS-DIRE-À-PERSONNE-QU-ON-L'ENTERRE-DANS-LE-JARDIN-
PARAIT-QU'ON-N'A-PAS-L-DROIT-
CA-FRAIT-DES-HISTOIRES-SURTOUT-AVEC-LA-VOISINE"
Quand le Papoum avait tort,il avait raison quand même
et c'était pas une petite croix taillée avec le canif
qu'allait attirer tous les regards des curieux.
Il avait pris sa panoplie des mauvais jours : mouchoir plié
pour essuyer le front, pas de sifflotement,
pas de raclements de gorge toutes les minutes,
pas de grimaces adressées au soleil, à la pluie ou à Mamie.
Tout dans la gorge, dans les souvenirs et dans le silence.
Petits et grands doigts s'entremêlaient.
La terre était douce et légère et recouvrait
respectueusement le premier souvenir douloureux de leur complicité.
Même petits pas dans l'allée.
On se ressemble quand on a sept ans et dix fois plus.
Aussi dignes l'un que l'autre, les yeux brillants,
les larmes coincées.
Pas besoin de regarder où l'on met les pieds.
Cette terre, elle est apprivoisée de coups de bêche
et d'engins à roulettes et truffée de bouillabaisse
et de trésors aux vers de terre.
Quand les consignes de la Mamie s'ajoutent à la peine,
faut être bien solide.
Avoir l'air de rien, naturellement calme,
paraître en promenade dominicale... muets comme des carpes,
tout bien mis mais le coeur si grave.
Un cimetière, à l'origine, c'est toujours un jardin.
La semaine d'avant, le petit avait du y enfouir
son pingouin Tamagotchi, mort pour la septième fois,
et cette fois, hélas, de façon définitive.
Une cérémonie vite avalée, qui maudissait le stupide pari
d'avoir voulu faire admettre aux jumeaux Daviet
qu'un sumo-tamagotchi était insatiable à vie.
A sept cent kilos, l'animal avait rendu quelque chose.
Mais là, c'était plus grave, à voir la tête du Papoum.
Le petit corps tout dur, l'aura encore lumineuse,
"dix-huit ans de bons et loyaux services"
entre des mains un peu moites maintenant.
Comment rendre à la terre cette part de soi.
Elle allait honorer les entrailles du jardin
de sa présence rance et perdurer en une épitaphe
presque invisible pour une chienne qui en valait bien plus.
"À Cybelle, 1979-1997".
Surtout pas un mot... et surtout... "PAS-DIRE-À-PERSONNE-QU-ON-L'ENTERRE-DANS-LE-JARDIN-
PARAIT-QU'ON-N'A-PAS-L-DROIT-
CA-FRAIT-DES-HISTOIRES-SURTOUT-AVEC-LA-VOISINE"
Quand le Papoum avait tort,il avait raison quand même
et c'était pas une petite croix taillée avec le canif
qu'allait attirer tous les regards des curieux.
Il avait pris sa panoplie des mauvais jours : mouchoir plié
pour essuyer le front, pas de sifflotement,
pas de raclements de gorge toutes les minutes,
pas de grimaces adressées au soleil, à la pluie ou à Mamie.
Tout dans la gorge, dans les souvenirs et dans le silence.
Petits et grands doigts s'entremêlaient.
La terre était douce et légère et recouvrait
respectueusement le premier souvenir douloureux de leur complicité.
samedi 18 août 2007
l'éveil
Tristement c'est toujours au printemps
que meurt notre espérance
Trop sûrs de voir fleurir sourires,
et jolies danses, le monde rentre au placard
tout ce qui rime avec absence, avec latence.
Euthanasiant, anesthésiant le moinde doute,
l'hésitation, l'envie de triste et
de repos, on doit faire chaud,
sourire, faire beau.
Ainsi, sans faute, on s'exécute
à oublier les mois d'avant.
Ou bien alors, fort comme un fort
on offre au monde
une carapace en chrysalide, un peu de
temps et moins d'espace, on cristallise
un corps, une âme, par transparence
ou clairvoyance.
On vient tout doux,
tout là, on est tout en puissance.
L'éveil est l'entre, l'oscillant qui
chaque fois choisit son bord
et danse.
que meurt notre espérance
Trop sûrs de voir fleurir sourires,
et jolies danses, le monde rentre au placard
tout ce qui rime avec absence, avec latence.
Euthanasiant, anesthésiant le moinde doute,
l'hésitation, l'envie de triste et
de repos, on doit faire chaud,
sourire, faire beau.
Ainsi, sans faute, on s'exécute
à oublier les mois d'avant.
Ou bien alors, fort comme un fort
on offre au monde
une carapace en chrysalide, un peu de
temps et moins d'espace, on cristallise
un corps, une âme, par transparence
ou clairvoyance.
On vient tout doux,
tout là, on est tout en puissance.
L'éveil est l'entre, l'oscillant qui
chaque fois choisit son bord
et danse.
mercredi 15 août 2007
mal à dire
Mal là. Mal là. Mal là.
Pas mal là, non. Mal là.
Mal là. Mais faut pas dire.
Mal ici aussi. Mal là-bas.
Mal autour, dedans, là oui.
Dans le coeur, le ventricule, l'oreillette,
dans le sang, la veine. Mal où
ça fait mal-là comme tout le monde.
Mal à dire que ça fait mal.
Trop fière à bras, trop forte en
course à pied, en marathon de la
vida. Pas malin, hein.
Pas mal à l'âme, non, pas à l'amour
et ça, déjà bien, hein, pas plus mal.
Pas mal là, non. Mal là.
Mal là. Mais faut pas dire.
Mal ici aussi. Mal là-bas.
Mal autour, dedans, là oui.
Dans le coeur, le ventricule, l'oreillette,
dans le sang, la veine. Mal où
ça fait mal-là comme tout le monde.
Mal à dire que ça fait mal.
Trop fière à bras, trop forte en
course à pied, en marathon de la
vida. Pas malin, hein.
Pas mal à l'âme, non, pas à l'amour
et ça, déjà bien, hein, pas plus mal.
nous ne sommes que des fleurs
A l'heure où l'on saisit que l'avenir, pour nous, c'est maintenant, nous comprenons que nous ne sommes que de grosses fleurs, généreuses ou rabougries, droites ou pliées, sur des tiges toutes fines, ballottées par le vent. Nous nous prenons tantôt pour des chardons, tantôt pour des pivoines et savons généralement à qui nous offrir. Parfois très entourées au milieu de semblables qui nous redressent au passage, parfois fleurs uniques, perdues dans un champ ras, parfois fleurs intruses, étrangères parmi les autres, nous nous savons rarement éphémères au point de passer juste à côté de l'essentiel, celui qui est en nous et nous pousse à exister, à aimer, à construire coûte que coûte, même si notre passage est de courte durée...
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